Aux éco-quartiers, citoyens !
25/05/2011 - Charlotte DUDIGNAC

Pourquoi ? De nombreuses raisons sont généralement invoquées. Tout d’abord, la réglementation reste trop peu contraignante ou imprécise pour être appliquée avec efficacité, et c’est le concept même de participation qui devient flou. C’est notamment ce que révèle une étude de l’ICLEI : " La notion de participation recouvre aussi bien les négociations entre le Conseil Communal et quelques influents décideurs locaux (exemple de la Pologne) que l’implication de la population locale lors de l’identification des problèmes centraux (exemple de la Grande Bretagne) ". Ensuite, le partage du pouvoir reste une pratique dont d’aucuns diront qu’elle est à risque, dans un système politique fondé sur la délégation du pouvoir. Conséquence : la Commission nationale du débat public existe, mais dispose de marges de manœuvre limitées (seuls les projets d’ampleur nationale sont susceptibles d’être concernés, la commission ne peut être saisie que la par le biais d’associations agréées, et sans certitude de voir leur demande aboutir). De même, la loi sur la démocratie participative impose aux collectivités de plus de 80 000 habitants de créer des instances de dialogue permanentes, les Conseils de quartiers. Comme le rappelle le politologue Loïc Blondiaux, le projet initial étendait ce principe à toute commune de plus de 20 000 habitants. Passés tous ces obstacles, les collectivités locales ralliées à la participation doivent encore faire face à des citoyens insaisissables, qui ne prennent pas la parole qui leur est donnée, ou qui peinent à sortir de postures d’opposition ou d’une vision centrée sur leur intérêt particulier (le fameux syndrome NIMBY).
La désertion inquiétante des citoyens de la vie politique nous fait mesurer l’ampleur d’une telle ambition. Pour autant, justement, nous faisons le pari que les éco-quartiers constituent une opportunité de remobiliser les citoyens autour de questions, qui loin d’être trop complexes ou trop techniques, sont au contraire abordables, à conditions d’être accompagnées de processus de concertation adaptés et ambitieux, de nouveaux espaces de débat, moins institutionnalisés, de nouvelles promesses, fondées sur de nouvelles garanties.
L’enjeu est de taille, et constitue probablement l’un des défis majeurs auxquels nos sociétés seront confrontées dans les prochaines années, et que l’on pourrait résumer à la question suivante : la forme politique qui mettra en œuvre le développement durable sera-t-elle démocratique, ou ne sera-t-elle pas ?