Pour une approche numérique de la ville durable (4/5)
19/07/2011 - Sébastien LÉVRIER

Espaces de co-working et tiers-lieux: une nouvelle définition du travail
En décembre 2004, la Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques évaluaient à 440 000 les télétravailleurs à domicile, et 1 100 000 les télétravailleurs nomades, sur 22 millions de salariés, soit respectivement 2% et 5% de la population active. Plus récemment, un sondage mené par OpinionWay a révélé que 3 franciliens sur 4 étaient favorables au télétravail. Il semblerait qu’il s’agisse donc d’une pratique d’avenir.
Les nouvelles technologies appellent à une redéfinition de la notion de travail, et notamment de la mobilité lui étant associée (trajets domicile/travail), et de sa temporalité (avec de nouvelles plages nocturnes en pleine expansion, rendant caduques l’expression " journée de travail "). La notion de " bureau " ne pourrait-elle pas être extensible, et s’affirmer dans de nouveaux lieux connectés, tels que les espaces de co-working, qui fournissent aux salariés volontaires connexion haut débit, matériel pour visio-conférence et salle de travail, à l’instar par exemple de La Cantine, à Paris, celle de Toulouse et bien d'autres à travers le réseau des cantines ? Ces télécentres participent de l’émergence de ce qu’on appelle les " tiers-lieux ", qui ne sont ni le domicile, ni le lieu de travail, mais des espaces hybrides appelant à une évolution de la frontière entre vie professionnelle et vie privée.
Au sein de l’éco-quartier et de la ville durable, un tiers-lieux peut devenir un élément de programmation en vue d’assurer un développement durable urbain, en cela qu’il :
- Permet de minimiser les déplacements domicile/travail, et de réduire ainsi les émissions de gaz à effet de serre
- Facilite les synergies entre entrepreneurs et salariés, comme le montre l’exemple de La Ruche, à Paris, en offrant la possibilité de rassembler sur un même lieu tous les acteurs économiques locaux d’un même secteur
- Participe au bien-être des salariés en leur proposant de rester maîtres de leur temps de travail
- Donne accès à tous les salariés qui le souhaitent à de bonnes conditions de travail
Cependant, prôner le tout " télé-travail " serait une erreur : l’espace de co-working doit intervenir en complément, et non pas en remplacement du lieu de travail classique, afin de ne pas réduire les interactions sociales, et installer certains garde-fous.
Ainsi, à travers les exemples des espaces publics numériques et des espaces de co-working/tiers-lieux, nous avons vu que l’éco-quartier 2.0 pouvait mener une véritable politique publique numérique localisée, afin de répondre aux objectifs sociaux, économiques et environnementaux du développement durable urbain.
Le réseau des cantines
LA cantine Paris, source Yohan & Nicolas
Citizen Space San Francisco - source Entreprise Globale