Eco-quartiers.fr - Le blog - Mars 2015 - Rencontre avec Faltazi : l'économie circulaire designée par Les Ekovores

L'agence de design nantaise Faltazi porte depuis plusieurs années une démarche innovante de mise en pratique de l'économie circulaire : les Ekovores. Autour des problématiques de l’alimentation et des déchets dans les milieux urbains, le projet des Ekovores réinvente le design et le...

Rencontre avec Faltazi : l'économie circulaire designée par Les Ekovores

L'agence de design nantaise Faltazi porte depuis plusieurs années une démarche innovante de mise en pratique de l'économie circulaire : les Ekovores. Autour des problématiques de l’alimentation et des déchets dans les milieux urbains, le projet des Ekovores réinvente le design et le fonctionnement d’équipements comme les poulaillers de quartier, les toilettes sèches publiques, des ruches sur pilotis, etc. Certains de ces objets ont été réalisés sous forme de prototypes avec des premiers retours d’expérience positifs, ils attendent maintenant d’être diffusés un peu partout.

Les Ekovores
Comment une agence de design industriel se retrouve impliquée dans un projet d’économie circulaire comme le Système Ekovores ?

 
Faltazi est une agence de design industriel, qui à, peu à peu, concentré ses recherches autour des questions d'éco-conception. Nous avons dessiné des produits électroménagers en tant que concepteur - prestataire pour des marques comme Tefal ou Rowenta. Parmi ces projets, quelque uns ont été éco-conçus, la bouilloire vitesse Tefal, l'aspirateur Rowenta Shockabsorber.
Nous avons pris conscience qu'il y avait vraiment matière à progresser et que l'éco-conception permet vraiment l'optimisation des flux, des matières et des procédés. Toutefois, un pan entier est ignoré par l'éco-conception, celui qui permet de générer des gestes écologiques. Nous avons donc exploré l'éco-conception d'usages, avec la question des déchets domestiques en dessinant la cuisine Ekokook.
Puis, nous avons cherché à aborder la problématique plus globalement. La cuisine Ekokook permet de produire des matériaux.. le gisement est d’une tonne par an et par ménage, mais, qu'en faire ? Comment les collecter? A qui les céder?
Nous avons vu l'intérêt de poser la question des acteurs et des territoires.
Nous sommes entrés dans une démarche d'éco-conception systémique, voisine de celle théorisée par Suren Erkman pour la symbiose industrielle de Kalundborg au Danemark qui intègre les questions de boucles, d'échanges d'externalités entre acteurs industriels, d'économie circulaire et de territoires.
Nous avons cherché à l’appliquer aux acteurs de la ville, dans une relation étroite entre le centre et sa ceinture alimentaire, cette fois. Cette réflexion a donné le projet Les Ekovores.

Nous sommes, maintenant, convaincus que la mise en réseau et en
complémentarités de ces initiatives peut reconfigurer notre mode de vie.

Quelles sont les initiatives, les valeurs et les convictions que vous souhaitez aujourd’hui porter avec cette démarche ?

Cette démarche est là pour démontrer que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Le fourmillement d'initiatives des associations est à la source de toutes ces innovations sociétales.
Nous sommes, maintenant, convaincus que la mise en réseau et en complémentarités de ces initiatives peut reconfigurer notre mode de vie. Ceci a donc été permis par des valeurs de partage, d'éthique, d’exigence et de tolérance à l'expérience dans l'espace public.

Composteur Collectif Ekovores
Vous avez installé un premier composteur collectif au design et au fonctionnement très innovant sur Nantes, quel bilan tirez-vous de cette première expérience pour vous et pour les usagers du quartier ?

C'est une bonne illustration de ce processus d’élaboration collective à l’œuvre.
Au départ, une association du quartier Malakoff, à Nantes, Les Idéelles, s'est mobilisé pour installer un jardin en pied d'immeuble, puis un petit composteur.
Nous sommes allés rencontrer les maîtres composteurs de l'association Compostri, qui avait déjà installé 120 composteurs dans les espaces verts de la ville. Puis les chantiers d'insertion ATAO ont réalisé le prototype.
Aujourd'hui, 45 familles déposent leurs bio-déchets tous les samedi matin et échangent autour d’un café. Le bilan pour nous est positif : les projets, lorsqu'ils ont du sens et qu'ils sont portés par les habitants ont des chances de réussites plus grandes.
 
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