Eco-quartiers.fr - Le blog - Juin 2015 - Rencontre avec Patrice Turpin (initiation à la permaculture 2/2)

Pour notre second volet consacré à la permaculture, le premier se trouvant ici, nous avons rencontré Patrice Turpin afin de lui poser plusieurs questions. Avec plus de quinze ans d’expérience et une formation pluridisciplinaire (bâtiment, urbanisme, environnement, programmation,...

Rencontre avec Patrice Turpin (initiation à la permaculture 2/2)

Pour notre second volet consacré à la permaculture, le premier se trouvant ici, nous avons rencontré Patrice Turpin afin de lui poser plusieurs questions. Avec plus de quinze ans d’expérience et une formation pluridisciplinaire (bâtiment, urbanisme, environnement, programmation, permaculture, sociocratie), Patrice Turpin dispose d’une vision transversale et holistique des problématiques urbaines et architecturales pour accompagner les projets vers une plus grande soutenabilité.
Ces expériences en maîtrise d’ouvrage publique et maîtrise d’œuvre lui permettent de bien maîtriser les jeux d’acteurs pour mettre ses projets sur la voie de la haute qualité d’usage. Son expérience dans la permaculture nous a permis d’y voir encore plus clair.


Quelles sont les questions à se poser afin de trouver le meilleur terrain pour développer les principes de la permaculture ? comment les mettre en place ?

Il n’y a pas de « meilleur terrain » pour faire de la permaculture ; le permaculteur fait avec ce qu’il a. Il prend le temps de l’analyse du contexte physique, social, économique et culturel pour poser les bases de son design.
La méthode de design de systèmes humains durables est le cœur de la permaculture.

Il est le reflet de son éthique et de sa vision systémique. (Le terme anglais de « design » est intraduisible directement en français et signifie à la fois une conception, une création et l’aménagement d’un système.)

En posant prioritairement la question de l’éthique de la permaculture, la première question à se poser serait ainsi de savoir si Moi je suis prêt à m’engager dans un mode de vie soutenable

Je suis moi-même, avec mes conflits internes, le premier terrain de développement de la permaculture.
Dès lors, y compris quand on est « logé » dans l’urbain dense on peut mettre en place les principes de la permaculture en réduisant ses consommations de ressources, d’eau, d’énergie, en triant ses déchets …en produisant de la valeur environnementale (par son activité professionnelle, par ses pratiques de réutilisation, recyclage, …), sociale (par son engagement dans la vie politique locale, le développement de réseaux permacoles, l’engagement citoyen dans la transition énergétique, la protection de l’environnement, contre les grands projets inutiles) culturelle (par ses activités artistiques, sportives …).

Enfin si la question c’est quel est le meilleur sol pour faire de la production suivant les principes de la permaculture, sauf cas des sols pollués, il n’y en a pas. Le plus souvent le « permaculteur » dispose de peu de ressources financières. Donc il n’a pas l’argent pour acheter les « meilleures terres ». Mais ce n’est pas un problème puisqu’il est un peu obsédé par la création d’humus. Donc de la terre il va en recréer.


Quelles sont les difficultés auxquelles les acteurs de la permaculture sont souvent confrontés ? Comment les surmonter ?

Parmi les difficultés il y a nos propres représentations de l’impact réel de nos modes de vie et  de ce que pourrait être un mode de vie soutenable. Savoir d’un côté ce que représente notre empreinte écologique, la perte de biodiversité, le réchauffement climatique et se représenter ou vivre l’expérience du soutenable (0 déchets, 0 carbone, …). Cela n’a rien de punitif, au contraire. C’est prendre conscience du problème et se libérer des pressions sociales, économiques et culturelles. Cela nécessite de faire preuve de créativité.
Comment les surmonter ? En s’y mettant à plusieurs. On ne s’en sortira pas seul. Le permaculteur à peine mieux que les autres (mais dans la convivialité).


Avez-vous un exemple d’une ville ou d’une zone où la permaculture s’est installée avec succès ?

Il y en a partout autour de nous. Je vous invite à vous rapprocher des réseaux locaux de permaculture et  participer aux  prochaines Estivales de la Permaculture aux Murs à Pêches à Montreuil les 4 et 5 juillet.

Sinon, en vrac :
Totnes est sans doute un bel exemple de ville de transition façon Rob Hopkins,
Détroit, pour le côté symbolique du modèle capitaliste et industriel en transition,
Cuba, parce que c’est d’actualité, et que son modèle agricole démontre avec succès depuis sa fin du pétrole en 1962 (qui devrait s’arrêter) que l’agriculture durable c’est possible.
Les murs à pêche à Montreuil, pour les parisiens, la ferme du bonheur à Nanterre pour les militants, et Saillans dans la Drôme pour le mode de gouvernance de son conseil municipal.

Merci à Patrice Turpin pour le temps consacré et ses réponses.
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