Eco-quartiers.fr - Le blog - Novembre 2015 - Budget ouvert à tous

Avec des expériences à Paris, Grenoble, Metz et maintenant Montreuil et Rennes, l'idée d'une démocratie participative pour décider d’une partie des investissements locaux fait son chemin. Une démarche pleine de bon sens Depuis quelques années, les citoyens de certaines grandes villes...

Budget ouvert à tous

Avec des expériences à Paris, Grenoble, Metz et maintenant Montreuil et Rennes, l'idée d'une démocratie participative pour décider d’une partie des investissements locaux fait son chemin.
budget participatif GRENOBLE
Une démarche pleine de bon sens
Depuis quelques années, les citoyens de certaines grandes villes se voient offrir l’opportunité de prendre part aux choix d’investissement par le biais d’une démarche participative. A Paris et Metz depuis 2014, à Grenoble, Montreuil et Rennes depuis 2015, le budget participatif est une démarche innovante et contagieuse dans les grandes métropoles.
Le principe est le suivant :
Une enveloppe budgétaire est arrêtée par la collectivité (5% du budget d’investissement à Paris ou Rennes par exemple), puis des propositions de projets peuvent être émises par tous les habitants, soit à titre individuel, soit à titre collectif (conseil de quartier, association, etc.).
Une fois la faisabilité technique des projets étudiée par la Ville, une liste définitive est arrêtée, et un temps est consacré à la communication auprès des habitants.
Pour finir, les projets sont soumis au vote des habitants avec des outils dédiés (site internet, bulletin papier en mairie, etc.).
A la différence des collectivités pilotes du début des années 2000 (voir Saint-Denis), les démarches actuelles de budget participatif s’appuient fortement sur les outils numériques pour donner de la visibilité aux projets, pour favoriser le dialogue citoyen, et pour donner de la transparence aux choix effectués.

budget participatif PARIS

La ville durable au cœur des choix des citoyens
Parmi les 76 projets présentés pour la ville de Paris dans l’édition 2015, 8 projets ont été retenus pour un budget total de plus de 35 millions d’euros. Et les problématiques « ville durable » sont très présentes dans les projets sélectionnés par les citoyens.
Parmi les projets lauréats, on retrouve des aménagements destinés à la reconquête des espaces publics au profit des piétons et des cycles : « En piste, encore plus d’aménagements cyclables » est le projet qui a eu le plus de succès auprès des parisiens, il prévoit par exemple des pistes colorisées. « Paris aux piétons » (2ème des votes) cible la piétonisation de rues, l’élargissement de trottoirs et la suppression de places de stationnement.
Les projets de « Nature en ville » ont également été plébiscité par les parisiens avec des initiatives pour développer l’agriculture urbaine ou encore végétaliser les toitures de la capitale (« Cultiver en ville », « Du vert à tous les étages »).
L’un des enseignements de cette démarche est aussi l’intérêt des citoyens pour les projets de solidarité, avec parmi les projets sélectionnés la rénovation des Bains-Douches et la mise en place d’un dispositif d’aide aux personnes en situation de précarité.
Par contre, les projets dont la dimension est moins liée à l’espace quotidien des habitants n’ont pas fait autant « recette ». Il faudra par exemple attendre pour voir « Les Champs-Elysées apaisés » dont le montant de l’opération s’élevait à 14,5 millions d’euros, alors que la proposition d’équiper les services de la propreté en matériel non polluants et silencieux a recueilli 2 fois plus de vote, et fait parti des lauréats.

budget participatif RENNES
Démocratie 2.0
Nous avons aujourd’hui très peu de recul sur ce type de démarches à l’échelle de grandes agglomérations, mais elles semblent correspondre à une forme relativement partagée de désir de démocratie locale qui permet une participation plus ou moins directe selon l’envie de chacun. L’information sur les projets proposés et le vote des habitants sont largement simplifiés par des plateformes numériques dédiées. Ces outils permettent un niveau d’implication adapté à la participation d’un grand nombre de citoyens tout en légitimant la démarche par une vraie prise de connaissance des projets.
L’une des limites du « budget participatif » est que les projets sélectionnés par les citoyens peuvent parfois avoir tendance à représenter une somme d’intérêts particuliers, ce qui n’en fait pas forcément des projets d’intérêt général. Jusqu’où faut-il étendre le périmètre des choix citoyens ? Ce type de démarche doit nécessairement s’accompagner d’une forme d’apprentissage de la citoyenneté pour éviter de faire des habitants des « consommateurs de projets ». Le budget participatif ne doit pas tomber dans l’écueil d’un menu à la carte, où les habitants choisissent l’entrée, le plat et le dessert, puis oublient leur repas une fois consommé.
Au-delà des questions de légitimité démocratique, les démarches de budgets participatifs montrent un réel intérêt pour l’avènement d’une ville plus collaborative, où les frontières entre les services publics et les démarches citoyennes peuvent trouver un espace d’innovation. La plupart des projets financés élaborent des réponses nouvelles à des besoins nouveaux ou mal identifiés par les collectivités publiques. L’implication des utilisateurs et usagers est alors au cœur de l’expérimentation de nouveaux modèles.
  • budget participatif METZbudget participatif METZ
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